Les signes d’une infestation de termites
Le termite souterrain est discret par construction : il fuit la lumière, circule à l’abri et consomme le bois par l’intérieur en laissant la surface intacte. C’est ce qui rend son repérage tardif, et c’est aussi pourquoi les quelques indices qu’il laisse méritent d’être connus précisément.
Pourquoi on ne les voit presque jamais
Contrairement à la plupart des insectes du bois, le termite ne s’expose pas. Les ouvriers, qui sont ceux qui consomment le bois, sont dépourvus d’yeux fonctionnels et fuient la lumière et les courants d’air. Une pièce de charpente peut être creusée sur toute sa longueur sans qu’un seul insecte soit visible depuis la pièce.
Le second facteur tient à leur manière de manger. Le termite consomme le bois de l’intérieur en suivant le fil, et il préserve systématiquement une mince pellicule de surface, qui maintient l’obscurité et l’humidité dont la colonie a besoin. Vu de l’extérieur, le bois paraît donc normal, parfois jusqu’à la rupture.
Troisième particularité, décisive pour l’identification : les termites n’évacuent pas de sciure. Leurs galeries sont rebouchées avec un mélange de terre, de salive et de déjections. Une charpente attaquée par des termites ne produit donc aucun petit tas de poudre au sol — alors qu’un capricorne ou une vrillette, oui. Ce seul détail suffit souvent à orienter le diagnostic, et il est développé sur la page termites ou capricorne.
Les six indices qui doivent alerter
Aucun de ces signes n’est une preuve à lui seul, mais deux réunis dans la même pièce justifient de faire venir quelqu’un.
Des cordonnets de terre
Ce sont des tubes de terre brune, de quelques millimètres à un centimètre de large, qui courent sur une maçonnerie, un pilier ou un mur de cave. C’est le signe le plus spécifique : les termites les construisent pour circuler à l’abri entre le sol et le bois. Aucun autre insecte du bâti n’en fabrique.
Un bois qui sonne creux
Une poutre, une plinthe ou un chambranle qui rend un son mat et vide sous le manche d’un tournevis, alors que sa surface est intacte. La pellicule extérieure cède parfois sous une pression légère, découvrant des galeries remplies de terre.
Des ailes détachées au sol
Après l’essaimage, les individus reproducteurs perdent leurs quatre ailes, toutes de même taille, qui s’accumulent près d’une fenêtre ou d’un point lumineux. Retrouver une poignée d’ailes identiques sur un appui de fenêtre est un indice fort.
Une surface boursouflée
Peinture qui cloque sans humidité apparente, plinthe légèrement déformée, papier peint gondolé en bas de mur : les galeries creusées juste sous la surface déforment le parement avant de le percer.
Du papier ou du carton attaqué
Les termites consomment la cellulose sous toutes ses formes. Des cartons stockés dans une cave, des archives, une plinthe en fibres ou un panneau de particules rongés par l’intérieur relèvent du même mécanisme que le bois massif.
Un plancher qui fléchit
Une souplesse inhabituelle sous le pied, une lame qui joue, un seuil qui s’affaisse. C’est un signe tardif : quand la portance diminue, la section utile de la pièce de bois est déjà largement entamée.

Où regarder en premier
Les termites souterrains vivent dans le sol et remontent vers le bois. L’inspection commence donc par le bas, pas par la charpente. Vide sanitaire, cave, garage semi-enterré, bas des murs périphériques : c’est là que les cordonnets apparaissent en premier, et c’est là qu’on les voit le plus facilement parce que ces surfaces sont rarement peintes.
Viennent ensuite les points de passage. Partout où quelque chose traverse la maçonnerie — canalisations, gaines électriques, seuils, joints de dilatation — existe un chemin possible à l’abri du regard. Les angles de pièces, l’arrière des plinthes et le dessous des escaliers en bois relèvent de la même logique.
À l’extérieur, l’examen porte sur tout bois en contact avec la terre : souches non dessouchées, poteaux de clôture, lambourdes de terrasse, bois de chauffage empilé contre un mur. Une colonie installée dans une souche à quelques mètres d’une façade est un foyer actif, même si la maison ne montre encore aucun signe.
Enfin, un point que l’on oublie souvent : les dégâts n’apparaissent pas nécessairement là où la colonie est installée. Le réseau de galeries d’une colonie souterraine peut s’étendre sur plusieurs dizaines de mètres, ce qui explique qu’un bâtiment soit atteint alors que le foyer se trouve chez le voisin ou sous la voirie.
L’essaimage, le seul moment où ils se montrent
Une fois par an, à la belle saison et souvent par temps lourd, la colonie produit des individus reproducteurs ailés qui sortent en nombre pour fonder de nouvelles colonies. C’est le seul épisode où des termites deviennent visibles sans qu’on les cherche, et il dure peu — parfois moins d’une heure.
Ces individus sont attirés par la lumière, ce qui les conduit vers les fenêtres. Ils perdent ensuite leurs ailes, qui se détachent entières et s’accumulent au sol. Quatre ailes de taille égale, translucides, retrouvées ensemble : c’est la signature d’un essaimage de termites, à ne pas confondre avec les ailes de fourmis volantes, dont la paire avant est nettement plus grande que la paire arrière.
Observer un essaimage à l’intérieur d’un logement signifie que la colonie est établie dans le bâtiment ou à son contact immédiat. C’est l’un des rares constats qui justifie de faire intervenir quelqu’un sans attendre.
Ce qu’il ne faut surtout pas faire
Trois réflexes naturels aggravent la situation ou compliquent le travail de celui qui interviendra ensuite.
Ouvrir et gratter
Détruire un cordonnet ou ouvrir largement une galerie disperse la colonie, qui reconstruit ailleurs. On perd alors l’indice le plus utile pour localiser le cheminement, sans avoir réduit la population.
Traiter en surface
Un produit du commerce appliqué au pinceau agit sur quelques millimètres de bois. La colonie vit dans le sol : elle n’est pas touchée. Les méthodes qui s’attaquent réellement au foyer sont décrites sur la page traitement curatif.
Déplacer le bois infesté
Transporter des bois attaqués vers une autre partie de la propriété, un autre chantier ou une déchetterie déplace le problème. En cas de démolition, la loi impose d’ailleurs de les incinérer sur place ou de les traiter avant tout transport.
Questions fréquentes
J’ai trouvé de la sciure sous une poutre : est-ce des termites ?
Probablement pas. Les termites ne rejettent pas de sciure, ils rebouchent leurs galeries avec de la terre. De la poudre de bois au sol oriente plutôt vers un capricorne ou une vrillette, ce qui reste un problème mais appelle un traitement différent.
Les termites peuvent-ils atteindre un étage ?
Oui. Partant du sol, ils remontent par les maçonneries en construisant des cordonnets, et rien ne les arrête structurellement à un niveau donné. Les dégâts se concentrent toutefois plus souvent dans les parties basses, plus humides et plus proches du foyer.
Une maison récente peut-elle être touchée ?
Oui, si la protection à l’interface entre le sol et le bâtiment est absente, mal réalisée ou devenue incontrôlable. Dans les zones délimitées comme l’Aude, cette protection est obligatoire pour les bâtiments neufs, ce qui ne dispense pas de pouvoir la vérifier.
Combien de temps avant que les dégâts soient visibles ?
Il n’existe pas de délai type, parce que tout dépend de la taille de la colonie, de l’essence de bois et de l’humidité. L’ordre de grandeur utile est plutôt celui-ci : quand un dégât devient visible de l’extérieur, l’attaque est déjà ancienne.
Un indice repéré chez vous ?
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