Tout le département de l’Aude est classé zone à termites — arrêté préfectoral du 23 janvier 2001
Termites Narbonne

La loi dans l’Aude

L’arrêté préfectoral termites de l’Aude

La plupart des départements délimitent quelques communes. L’Aude a fait un autre choix, en janvier 2001 : classer la totalité de son territoire. Cette particularité explique à elle seule pourquoi, à Narbonne, aucune vente n’échappe au diagnostic termites.

Un article premier, et c’est tout

L’arrêté préfectoral n° 2001-0092 du 23 janvier 2001, portant délimitation de zones contaminées ou susceptibles de l’être par les termites, tient sur une page. Son article 1er dispose que « la totalité du territoire du département de l’Aude doit être considérée comme une zone contaminée par les termites ou susceptible de l’être à court terme ».

Il n’y a donc ni annexe, ni liste de communes, ni carte. C’est ce qui le distingue de la plupart des arrêtés départementaux, qui énumèrent des communes et obligent à vérifier si l’on figure dans la liste. Ici, la vérification n’a pas lieu d’être : Narbonne est couverte, comme les 400 et quelques autres communes du département.

L’article 2 charge le secrétaire général de la préfecture et les maires du département de son exécution, et prévoit sa publication au recueil des actes administratifs de la préfecture ainsi que son affichage en mairie. Le texte a été signé à Carcassonne le 23 janvier 2001 pour le préfet, par délégation, par le secrétaire général de la préfecture.

Personne consultant des dossiers dans des archives

Sur quoi il s’appuie

Les visas de l’arrêté renvoient à l’architecture juridique posée à la fin des années 1990. La loi n° 99-471 du 8 juin 1999 tendant à protéger les acquéreurs et propriétaires d’immeubles contre les termites et autres insectes xylophages en est le socle ; le décret n° 2000-613 du 3 juillet 2000 en précise l’application ; l’arrêté du 10 août 2000 fixe le modèle de l’état parasitaire relatif à la présence de termites dans un immeuble.

Le texte vise également les délibérations des conseils municipaux des communes du département : le classement n’a pas été décidé au-dessus des communes, il a été précédé de leur consultation. Le considérant qui suit énonce la raison d’être de la mesure — éviter la propagation des termites et l’extension des zones infestées, par des actions préventives et curatives.

Depuis 2001, le code de la construction et de l’habitation a été entièrement renuméroté par l’ordonnance n° 2020-71 du 29 janvier 2020, entrée en vigueur le 1er juillet 2021. Les anciens articles L.133-1 et suivants n’existent plus sous cette forme : on lit désormais L.126-4 pour la déclaration en mairie, L.126-6 pour les pouvoirs du maire, R.131-2 pour la protection des bâtiments neufs. L’arrêté de 2001, lui, n’a pas été remplacé : c’est bien ce texte qui délimite la zone.

Les trois conséquences concrètes

Le classement ne crée aucune obligation de traiter. Il déclenche en revanche trois mécanismes distincts, qui ne concernent pas les mêmes personnes.

À la vente

L’état relatif à la présence de termites devient obligatoire dans le dossier de diagnostic technique, avec une validité de six mois. C’est l’effet le plus fréquemment rencontré : voir diagnostic termites à Narbonne.

En cas de constat

Dès que la présence de termites est constatée, elle doit être déclarée en mairie. C’est une obligation propre, indépendante de toute vente : voir déclarer des termites en mairie.

En construction neuve

Tout bâtiment neuf doit être protégé à l’interface entre le sol et la construction, par une barrière ou un dispositif contrôlable : voir protection des constructions neuves.

Un dispositif construit en plusieurs étapes

L’arrêté de 2001 n’est pas un texte isolé : il est l’application locale d’un dispositif national mis en place à la fin des années 1990, puis complété. En connaître les étapes aide à comprendre pourquoi les obligations sont réparties entre plusieurs articles qui semblent sans rapport.

La loi du 8 juin 1999 pose le principe : les acquéreurs et les propriétaires doivent être protégés contre les termites, la présence de termites doit être déclarée, et le préfet peut délimiter des zones. Le décret du 3 juillet 2000 en organise l’application, et l’arrêté du 10 août 2000 fixe le modèle du document à établir. C’est sur cette base que les préfectures ont pris leurs arrêtés départementaux, celui de l’Aude parmi les premiers, en janvier 2001.

Un second temps intervient en 2006, avec le décret du 23 mai et l’arrêté du 27 juin, qui ajoutent une obligation absente du dispositif initial : protéger les bâtiments neufs construits en zone délimitée. C’est ce volet qui explique qu’une construction narbonnaise d’aujourd’hui doive comporter une barrière ou un dispositif contrôlable à l’interface entre le sol et le bâti.

Le troisième temps est purement formel mais source de confusion durable : la renumérotation complète du code de la construction et de l’habitation, entrée en vigueur le 1er juillet 2021. Beaucoup de documents en circulation — modèles de courriers, notices d’agences, pages d’entreprises — citent encore les anciens articles L.133-x, qui n’existent plus. Le fond est inchangé ; seules les références ont bougé.

Ce que le classement ne dit pas

Un classement départemental est une décision administrative de prévention, pas un diagnostic d’état des lieux. Il signifie que le département est considéré comme contaminé ou susceptible de l’être à court terme — la formule englobe volontairement les deux situations — et non que chaque commune, chaque quartier ou chaque maison est infesté.

Il faut donc se garder de deux lectures opposées et également fausses. La première consiste à en déduire qu’un bien narbonnais est probablement atteint : le diagnostic négatif reste le cas courant. La seconde consiste à traiter le classement comme une formalité sans objet : il existe parce que le termite souterrain est présent dans la région, et le dispositif vise précisément à éviter qu’il se répande davantage.

Sur le plan pratique, la portée du texte est celle d’une obligation d’information et de signalement. Ce que chacun en fait ensuite — faire inspecter, traiter, ou simplement remettre un document à un acquéreur — relève de sa situation propre.

Questions fréquentes

Où consulter l’arrêté ?

Il est publié en ligne par la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement d’Occitanie, sur la page qui recense les arrêtés termites des départements de la région. Le document est un scan de l’original signé.

Un arrêté plus récent l’a-t-il remplacé ?

Aucune source publique consultée ne fait état d’un texte postérieur pour l’Aude, et la page officielle qui le publie le présente toujours comme l’arrêté en vigueur. Comme pour tout acte préfectoral, une vérification auprès de la préfecture reste la démarche la plus sûre avant de s’en prévaloir dans un acte.

Mon notaire me parle de l’article L.133-5, est-ce le même sujet ?

C’est l’ancienne numérotation, abrogée depuis le 1er juillet 2021. Les dispositions correspondantes se lisent aujourd’hui aux articles L.126-4 et suivants, et L.131-3 pour les zones délimitées au regard des constructions neuves. Le fond n’a pas changé, la référence oui.

Le classement s’applique-t-il aux terrains nus ?

Le classement porte sur un territoire, pas sur des bâtiments : un terrain nu est dans la zone. Cela n’emporte aucune obligation tant qu’il n’y a pas de construction, mais la protection deviendra obligatoire si l’on y construit.

Une question sur votre situation à Narbonne ?

Décrivez votre projet ou votre constat : des professionnels du secteur vous recontactent directement.

Demander un devis gratuit