Tout le département de l’Aude est classé zone à termites — arrêté préfectoral du 23 janvier 2001
Termites Narbonne

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Protection des constructions neuves contre les termites

C’est le seul effet automatique du classement de l’Aude en zone délimitée : un bâtiment neuf construit à Narbonne doit être protégé contre les termites, et cette protection doit être soit constituée par la construction elle-même, soit contrôlable dans le temps.

Ce que dit le texte

L’article R.131-2 du code de la construction et de l’habitation, dans sa rédaction issue du décret n° 2021-872 du 30 juin 2021, est court : « Dans les zones délimitées par un arrêté préfectoral pris pour l’application de l’article L. 131-3, les bâtiments neufs doivent être protégés contre l’action des termites. À cet effet doit être mis en œuvre une barrière de protection entre le sol et le bâtiment ou un dispositif de construction dont l’état est contrôlable. »

Les modalités techniques relèvent de l’arrêté du 27 juin 2006, pris pour l’application de ces dispositions. L’Aude étant couverte en totalité par l’arrêté préfectoral du 23 janvier 2001, l’obligation s’applique à l’ensemble du département, Narbonne comprise, sans exception de secteur.

Deux mots du texte méritent l’attention. « Neufs » d’abord : l’obligation vise la construction nouvelle, pas la rénovation d’un bâtiment existant. « Contrôlable » ensuite : le législateur n’exige pas seulement une protection, il exige de pouvoir vérifier qu’elle tient — ce qui écarte les dispositifs qu’on ne peut plus inspecter une fois le chantier terminé.

Les solutions admises

La protection se joue à l’interface entre le sol et le bâti, c’est-à-dire là où une colonie souterraine peut atteindre la construction.

La barrière physique

Un dispositif manufacturé interposé entre le sol et la construction, que les termites ne peuvent pas franchir ni contourner sans devenir visibles. Il est mis en place pendant le gros œuvre et ne se rattrape pas après coup.

La barrière physico-chimique

Un dispositif associant une barrière et un produit, posé lui aussi au moment de la construction. Sa durée d’efficacité est annoncée par le fabricant : c’est une donnée à conserver avec les pièces du chantier.

Le dispositif contrôlable

Plutôt qu’empêcher le passage, on fait en sorte que tout passage devienne visible : l’interface reste inspectable, par un vide sanitaire accessible ou une zone de contrôle dégagée. C’est la voie qui exige le moins de produit et le plus de rigueur de conception.

Réseaux de canalisations fixés contre un mur technique

Le point sensible : les traversées

Une barrière n’a de sens que continue, et une construction neuve est percée de partout : arrivées d’eau, évacuations, fourreaux électriques, gaines de ventilation. Chacune de ces traversées est un point où la protection doit être reprise, et c’est là que se concentrent les défauts constatés a posteriori.

La difficulté est d’ordre organisationnel autant que technique : les traversées sont réalisées par des corps d’état différents, souvent après la pose de la protection. Un percement fait ultérieurement sans reprise annule localement le dispositif, sans que personne ne s’en aperçoive. La question à poser à un constructeur est donc celle de la coordination, pas seulement celle du produit retenu.

Contrôler dans le temps

Le mot « contrôlable » du texte n’est pas décoratif : il dit que la protection doit rester vérifiable après la livraison. Dans les faits, cela se traduit par des choix de conception pris très tôt — un vide sanitaire dans lequel on peut circuler plutôt qu’un vide technique de vingt centimètres, une bande périphérique dégagée plutôt qu’une terrasse coulée au ras de la façade.

Ce sont des arbitrages qui coûtent peu au moment du plan et deviennent impossibles ensuite. Un propriétaire qui remblaie jusqu’au niveau de la protection, adosse un bac à fleurs maçonné contre le mur ou empile du bois de chauffage le long d’une façade neutralise, sans le savoir, la partie contrôlable de son dispositif.

C’est aussi pour cela que le document remis en fin de chantier compte : il indique où se trouve la protection et ce qui la compromet. Sans lui, personne ne sait plus, cinq ans après, ce qui a été posé ni où regarder.

Ce que le maître d’ouvrage doit recevoir

La réglementation prévoit que le constructeur informe le maître d’ouvrage de ce qui a été mis en œuvre. Concrètement, cela signifie un document qui identifie le dispositif employé, son emplacement, et les conditions dans lesquelles il conserve son efficacité — notamment les précautions à respecter lors de travaux ultérieurs.

Ce document a une valeur qui dépasse la réception du chantier. Il se transmet à la revente, il conditionne la manière dont on pourra intervenir plus tard sur les abords, et il indique où regarder si un doute apparaît un jour. Le réclamer et le conserver avec le dossier du bâtiment relève du même réflexe que pour une garantie décennale.

Côté entreprise, la certification CTB-A+ de l’institut technologique FCBA couvre explicitement la protection des constructions neuves contre les termites, en plus du traitement des bois en œuvre. C’est un repère vérifiable au moment de choisir qui interviendra.

Questions fréquentes

Une extension est-elle concernée ?

L’obligation vise les bâtiments neufs. Une extension crée une construction nouvelle et surtout une nouvelle interface avec le sol : la question se pose donc réellement, et mérite d’être posée au constructeur plutôt que tranchée par analogie.

Que se passe-t-il si la protection n’a pas été faite ?

Le sujet ressurgit à la revente et en cas de sinistre, la conformité du bâtiment à sa réglementation de construction faisant partie de ce qui peut être discuté. Rattraper après coup est possible mais nettement plus contraignant qu’une pose au gros œuvre.

Une dalle béton suffit-elle ?

Non. Le béton n’est pas consommé, mais il n’est pas étanche aux termites, qui empruntent les fissures de retrait, les joints et les traversées. C’est précisément pour cela que le texte parle d’une barrière ou d’un dispositif contrôlable, et non d’un matériau.

Faut-il un traitement du sol avant construction ?

C’est l’une des solutions possibles, pas une obligation en soi. Le texte impose un résultat — barrière ou dispositif contrôlable — et laisse le choix des moyens, ce qui permet d’adapter la réponse au terrain et au mode constructif.

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